JIMMY FOUASSIER : « LES KILOMÈTRES QUE JE FAIS NE SERONT PLUS À FAIRE »

Rennes, vendredi 12 octobre 2018

 

Tout a commencé en juin 2011, on me diagnostique ce que j’appelais couramment à l’époque une « Aplasie truc chouette »… En vérité, une aplasie médullaire idiopathique. Pour faire simple une AMI, c’est le fait que la moelle osseuse ne produit pas suffisamment de globules rouges et blancs ainsi que les plaquettes. J’ai alors vécu mon premier séjour en chambre stérile. Un long passage de 2 mois avec quelques transfusions et un traitement. Puis me voilà dehors pour 2 ans.

Déjà, à ce moment-là, j’avais envie de faire du sport alors j’ai trouvé le tennis de table, c’était compliqué car la maladie me fatiguait beaucoup, mais j’ai réussi à me qualifier pour le championnat de France UFOLEP (loisirs). Le médecin qui s’occupait de moi au CHU me disait que c’était super mais d’y aller doucement car les risques d’hémorragies étaient présents…

En janvier 2014 la maladie évolue en hémoglobinurie paroxystique nocturne (HPN). C’est-à-dire que mon corps détruit lui-même, surtout la nuit, mes globules rouges. La maladie est rare en France, et concerne environ 500 personnes seulement. En urgence je suis vu par un spécialiste à Paris pour décider de mon sort. Il me dit :

«  Soit on te greffe soit tu auras un traitement mais dans 10 ans, c’est la fin ». Ok. Ma fille a six mois, je dois choisir entre la voir grandir pendant 10 ans ou une greffe en espérant qu’elle fonctionne sinon elle grandira sans papa…

Le 27 mai 2014, je suis greffé. Je vous passe les détails de l’hospitalisation, mais cela a été une très dure épreuve dans mon parcours. Quand je suis sorti, je n’avais plus de force plus de muscles, alors j’ai décidé de me mettre à marcher dans un premier temps. Petit à petit, j’ai réussi à courir puis j’ai fini par reprendre le travail en mars 2015. Sur ma lancée, je rejoins une association pour le don de sang bénévole, l’amicale des donneurs de sang bénévoles de la ville de Betton, avec des projets en tête.

Après la greffe la reprise du sport a été assez compliquée car j’avais perdu plus de 10 kg. J’étais tout maigre et j’avais plus de force. Mais je me disais toujours quand j’allais marcher : tous les kilomètres que tu fais maintenant ne seront plus à faire, de toute façon que ce soit maintenant où plus tard ça fera mal…

Au début donc 1 mois après la greffe je marchais 3 fois par semaine. Et un jour je me suis dit pourquoi pas essayer de courir, j’ai fait 100 m j’en pouvais plus, mais je les avais fait. Deux jours après c’était 200 m puis 500 m jusqu’à 6 km. En parallèle je faisais aussi un peu de gym suédoise pour renforcer les cuisses et abdos.

 

Au début je n’en parlais pas aux médecins car je n’avais pas le droit de sortir de chez moi. Mais au bout de quelques mois, comme j’étais déjà en forme et le médecin greffeur m’a demandé si je faisais un peu d’activité. J’ai répondu que « oui, je cours et j’en suis à 6km sans m’arrêter. » C’était une très bonne nouvelle pour eux.

En janvier 2017 avec mon t-shirt rouge de l’EFS et ma pancarte dans le dos je participe à mon premier 10 km. Mon objectif : montrer aux malades qu’il faut se battre et prouver aux donneurs qu’ils sauvent des vies en faisant ce petit geste de donner leur sang. Cette course je la fini en 58 minutes environ.

Aujourd’hui j’ai participé à 5 courses et je progresse à mon rythme. Je cours aujourd’hui le 10 km en 47mn, même si ce n’est pas ma priorité. Cela témoigne que grâce à la générosité des gens, je suis en vie et en pleine forme, qui plus est.
Le 14 octobre 2018, je vais courir mon premier semi-marathon, bien sûr pour l’association, pour continuer de diffuser le message.

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