L’IMAPAC, UN “TREMPLIN” POUR LES PATIENTS ATTEINTS DE CANCER… ET LES ÉDUCATEURS

Capture d’écran de l’annuaire de l’Imapac

 

Caen, jeudi 20 septembre 2018

 

La cancérologie a volontairement été mise à l’écart du sport sur ordonnance caennais, pour la simple et bonne raison qu’il existait déjà un autre dispositif pour ces patients : l’Imapac. Outre l’encadrement de séances d’activités physiques adaptées, cette structure créée par le RéseauOnco Basse-Normandie a également pour objectifs l’information aux professionnels de santé et la formation d’éducateurs sportifs.

“Ne pas brouiller les pistes”, c’est la raison avancée par l’adjoint aux Sports de Caen, Aristide Olivier, pour expliquer l’absence du cancer dans les pathologies prises en charge dans le cadre du sport sur ordonnance. La capitale normande est d’ailleurs loin d’être la seule commune à avoir écarté cette maladie de son dispositif. Mais en Basse-Normandie, les patients peuvent déjà s’appuyer sur une autre structure pour pratiquer une activité physique pendant leur traitement : l’Imapac (Initier & maintenir une activité physique adaptée avec un cancer).

Pour en bénéficier, il suffit que l’oncologue ou le médecin traitant prescrive de l’activité physique ou fournisse un certificat de non contre-indication à la pratique sportive à son patient. Celui-ci peut ensuite contacter l’Imapac et prendre rendez-vous avec un éducateur, qui fixe des objectifs et un calendrier de séances.

“Nous avons déjà pris en charge 700 patients depuis la création en 2012, et nous recevons actuellement deux appels par jour”, se félicite Xavier Blaizot, coordonnateur du RéseauOnco Basse-Normandie.

Ces séances, à raison de 2 par semaine pendant 3 mois actuellement – avant la fusion avec le dispositif haut-normand – sont financées à hauteur de 120 € par patient. “Jusqu’à peu, quand on avait moins de patients, on finançait à hauteur de 350 €, au prorata du nombre de séances effectivement réalisées. On imagine maintenant développer des relais auprès des mutuelles et des complémentaires santé pour assurer les restes à charge”, poursuit-il.

Cette diminution s’explique par le fait qu’avant d’être un dispositif, l’Imapac était une expérimentation, comptant donc moins de patients. “L’idée était de démontrer que donner un tremplin de 3 mois à des patients atteints de cancer allait les fidéliser pour 6 mois à 1 an en activité physique” (AP), explique le Dr Alain Daireaux, médecin conseil de la DRDJSCS. “Au début, pendant et à l’issue du programme, nous recueillons des données socio-démographiques et sur la qualité de vie des bénéficiaires, qui nous permettent d’étudier les éléments déterminants pour la pratique ou la non-pratique d’une AP, en cernant les freins et les leviers”, ajoute Xavier Blaizot.

 

UN DIPLÔME UNIVERSITAIRE ESPÉRÉ POUR 2019 

Aujourd’hui, l’Imapac comporte deux autres volets : un volet ‘information’ des professionnels de santé, au cours de conférences par exemple, et un volet ‘formation’ des éducateurs sportifs. Cela correspond à une sensibilisation de 3 jours, élaborée avec l’UFR Staps et ouverte aux étudiants et aux éducateurs d’autres structures. Le réseau régional en a déjà formé 180 à ce jour à Caen, tandis qu’une première session doit s’ouvrir à Rouen, fin novembre. “Cette formation était une demande des cancérologues, qui rappelaient que les patients atteints de cancer sont un public fragile”, indique Alain Daireaux. Sur son site Internet, l’Imapac recense à ce jour 90 structures encadrées par des éducateurs sensibilisés.

Mais le RéseauOnco veut aller plus loin, en créant son propre Diplôme universitaire (DU) ‘Activité physique et maladies chroniques’, qui apportera des enseignements en cardiologie, pneumologie, endocrinologie, cancérologie et rhumatologie – et non uniquement en cancérologie comme celui de la Cami, ouvert à l’université Paris XIII (Seine-Saint-Denis). Pas de compétition pour autant : “On fera la promotion de ce cursus dans le nôtre, pour ceux qui sont spécifiquement intéressés par le cancer”, note Xavier Blaizot. Cette nouvelle formation pourrait s’ouvrir, il l’espère, dès la rentrée 2019.

 

 

 

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