QUI SOMMES-NOUS ?

Léa Dall'Aglio © Emeric Gouëbault

LÉA DALL’AGLIO

Si on m’avait dit, il y a un an, que je me lancerai dans ce projet ! J’étais alors dans ma deuxième année d’alternance à l’ESJ Pro chez Ouest-France. Et j’avais l’opportunité de poursuivre en CDD à Caen, au secrétariat d’édition.

Quelle aubaine ! En plus, cela me permettait de me rapprocher de Vincent, qui devait commencer à soigner son cancer. Je ne pouvais espérer mieux. D’autant que ces contrats courts me permettaient de mieux réfléchir à mon projet professionnel.

Mes options ? Tenter de me faire une place en presse quotidienne régionale, alors que le journal au plus gros tirage de France n’a pas encore annoncé de commission d’embauche ; postuler à l’AFP, dont j’avais apprécié la rigueur et la couverture, lors de mon bref passage à Rennes, au moment des manifestations contre la Loi travail ; revenir au magazine, dont je sais apprécier le rythme depuis mon stage de six mois chez Grand Prix Magazine, mensuel spécialiste des sports équestres, et pour lequel je continue de piger.

Une dernière option s’offrait à moi : celle, grisante et terrifiante, de lancer un projet journalistique.

Profiter de l’absence de travail pour écrire un livre, voyager ou bloguer. J’ai toujours vu les choses en grand, sans jamais savoir comment les réaliser. Ce documentaire, c’est ma bonne idée, mon projet qui a du sens, ma voie à explorer. Une voie qui s’accorde avec le journalisme que je défends : celui qui prend le temps de raconter, de contextualiser, d’enseigner, d’enrichir et d’émerveiller.

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Vincent Guerrier © Emeric GouëbaultVINCENT GUERRIER

Avant d’être notre projet, ce documentaire était une idée de Léa. La seule, pendant mes traitements, à envisager de faire de ce moment de crise un atout professionnel majeur. Il faut dire qu’après avoir annoncé à ma chef d’agence du Dauphiné Libéré que je devais les abandonner pour raisons de santé, je n’ai plus écrit la moindre ligne dans un journal.

Je n’ai pas non plus eu le courage de lire beaucoup de pages dans la presse. Moi qui pensais avoir attrapé le virus du journalisme au collège, alors que je passais mes vacances à la rédaction du Pays-d’Auge, hebdo local de Lisieux, la maladie signait pour moi un véritable coup d’arrêt. Ouvrait une parenthèse, un vide, après plusieurs années entre le DL de Grenoble et un IUT infocom, RCF à Clermont et une licence à Vichy, et une alternance à Romans-sur-Isère avec l’ESJ Pro.

Ce projet est aussi, pour moi, l’occasion de reprendre un carnet et un stylo. Retrouver la confiance, un an après mon dernier jour de travail. Après que le SNJ m’ait indiqué que la commission de la carte de presse refuserai mon renouvellement en raison de mon arrêt maladie et mon manque d’ancienneté.

Se reconstruire est d’autant plus facile quand on le fait avec plaisir, en écrivant à notre façon.

Car le journalisme qui me plaît à lire et à vivre, c’est celui du temps long. De la lecture détaillée, de l’info enrichie. Je ne veux pas être le journaliste qui prend sa photo, les noms pour sa légende, et s’en va voir ailleurs. Quoi qu’en disent les réseaux sociaux, je pense qu’il y aura toujours de la place pour les médias qui ne se pressent pas.

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