LE CHU DE CAEN RÉCOMPENSÉ POUR SA SALLE D’ACTIVITÉ PHYSIQUE

 

Antoine Desvergée, en léger différé depuis le CHU de Caen, était très fier sous son masque. ©CNOSF

Temps de lecture : 3 minutes

 

Caen, mercredi 9 décembre 2020,

 

C’est un trophée honorifique, mais un trophée qui compte. Le CHU de Caen Normandie, grâce à sa salle de sport réservée aux patients et au personnel, a reçu un prix national « Sentez-vous sport », du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).

« Quelle année…bizarre. » Antoine Desvergée, praticien en médecine physique et réadaptation au CHU de Caen (Calvados) avait presque un peu de mal à y croire. Mercredi 9 décembre 2020, le CHU de Caen Normandie se retrouvait sur le podium des trophées « Sentez-vous sport », une série de prix décernés par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et qui récompense chaque année les meilleurs organismes, publics ou privés, dans leur mise en application du sport.

Cette année, c’était Valérie Fourneyron qui était présidente du jury. L’ancienne ministre des Sports, médecin du sport toujours très impliquée dans le développement du sport-santé, avait pu plancher le 19 novembre 2020 sur les différents dossiers de ce prix, avec plusieurs acteurs du monde du sport. 29 candidatures étaient présentées.

 

900 SALARIÉS CONCERNÉS

Dans la catégorie Stratégie, management et bien-être en entreprise (+ de 250 salariés) c’est donc le CHU de Caen qui rafle la mise. C’est son projet de salle de sport multi-usage qui a séduit le jury. Une salle est en effet réservée au personnel du CHU et a rassemblé près de 900 salariés. La spécificité de cette création, que nous avions la chance de vous dévoiler en avant-première en 2018, c’est de pouvoir servir de support pour des protocoles de recherche clinique. Plusieurs patients, atteints de pathologies diverses, ont alors l’occasion de l’utiliser. Un double emploi dont Caen est le précurseur en France.

Valéry Fourneyron était la présidente du jury de ces trophées. ©CNOSF

Le jury du prix affirme avoir été séduit par « l’impact du projet avec 900 salariés touchés, l’accessibilité, les leviers mis en place pour contrer l’ensemble des freins à la pratique (coûts, distance, horaires…), la mise en place d’une salle de sport pour les soignants et patients avec des pathologies diverses… Ce projet est très intégré dans le bien-être ce qui correspond parfaitement à la catégorie. » Plus qu’un espace pour les sportifs travaillant au CHU, la salle a réussi à capter un public peu actif en temps normal. « On a pu étudier que 1/4 des personnes qui viennent ne pratiquaient pas avant. Et ils restent », explique Antoine Desvergée. Une bonne nouvelle pour la prévention primaire de ces publics peu actifs, difficiles à capter en temps normal.

UN OUTIL POUR LA RECHERCHE

Avec cette salle, son instigateur et plusieurs autres médecins ont pu mettre en place des protocoles de recherche bien précis. « On sait que l’activité physique fonctionne chez les malades, on veut désormais savoir ce qui est le plus efficace », commente le docteur.

Plusieurs protocoles de recherche ont été lancés dans cette salle depuis 2018 comme la remodélisation du ventricule droit à l’effort intense, une étude qui n’avait jamais été menée. Ou l’étude de pathologies comme l’artérite oblitérante des membres inférieurs et les cardiopathies infantiles opérées et stabilisées. « On a longtemps dit à des enfants opérés du coeur qu’il ne fallait pas faire d’effort. Maintenant on sait que c’est faux, on veut l’étudier », décrypte le spécialiste. Plusieurs protocoles ont dû être stoppés à cause de la Covid, mais certains verront cependant le jour en 2021.

Cet élan du sport-santé au CHU, dont le Dr Desvergée est le pilier, dépasse désormais largement les frontières de son service. Un Groupe de recherche en Activité physique adaptée et santé (GRAPAS) a vu le jour et permet à plusieurs secteurs du CHU de réfléchir de manière transversale à des recherches cliniques sur l’activité physique. « Nous étions 6 au départ, nous sommes désormais plus de 40, et tout le monde veut lancer des recherches grâce à cette salle. » Il poursuit, avec une certaine euphorie : « On est devant des grosses structures qui ont postulé à ce prix. C’est une reconnaissance pour tout ceux qui ont travaillé dessus, et cela va dans le bon sens. Le Covid nous a fait très mal cette année, mais ce prix tombe bien pour le moral. On parle de quelque chose de positif, qui fonctionne, qui est pérenne. Avec Normandie sporte contre le cancer, cela symbolise bien nos engagements dans le sport-santé. »

La salle avait déjà l’assurance de se retrouver dans le nouveau CHU de Caen qui doit sortir de terre vers 2026-2027. Mais avec le succès qu’elle rencontre, il faudra sans doute penser à l’agrandir d’ici-là.

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